Michele Guieu

June 5 - July 13, 2008
Here it's Peace
San Diego Art Institute

Poemes de Ivan Sigg

Pour écrire ces textes
J’ai regardé tes œuvres
À la bouleverse de moi-même
Et elles m’ont débordé

Couleur
Peindre leur douleur ?
Peindre sa douleur ?
Peindre la douceur?
Peindre ses doutes ? Leurre ?
Peindre ? Peindre !

Transparence d’un portrait
L’image traversée par le temps
Telle une écorce de visage
L’eau, le vent, le feu, la déflagration
L’éparpillent, l’effacent
Quels mots pourraient la retenir ?

Regards vides
Portraits en découpe
Ou tristesses en à-plats ?
Peinture-action ou écriture-pensée ?
Lire les mots c’est ne plus voir la peinture
C’est appeler une image connue

Ici c’est la paix, là-bas c’est la guerre
Ici c’est le regard grave de l’enfant
Là-bas c’est le regard gravé de l’indien
Ici celui du spectateur attentif
Là-bas celui de la peintre en dualité
Tous dans un même présent qui nous peint

L’œil agrandit
Par un paysage sans intention
Par l’avion qui rivalise de beauté avec le nuage
Par la mort en gestation dans sa soute
Par le ventre de la peinture
Par la fécondité de la peintre

Pieds dans l’océan, tête dans le désert
Michèle Numérise des corps neufs
Pixellise des surgissements d’être
Effleure des résonances magnétiques
Vectorise des caresses et des frictions
Puis lisse ses éruptions d’effusions

Images lumièriques
L’œil de la peintre
Est une caméra thermique
Sa main, hôte des finitions
Fait vibrer des êtres de lave photonique
En relations incandescentes

Lumière blanche
Fusions de photons à contre jour
Silhouettes de braises heureuses
Ni début ni fin
Plus de frontière entre intérieur et extérieur
Beauté non passagère

L’humanité est une flamme Entre soleil et magma
Désagrégation des corps de sable dans les conflits
Fluidité et souplesse des corps de verre en fusion dans la joie
L’humain est une brûlure de vie
Dans un désert d’ignorance sans yeux sans nez sans oreilles
La pensée est une goutte de métal qui fige

Une aura d’empathie les relie
Leurs yeux écarquillent le monde
Leurs pupilles dilatent leurs corps
Ils sont absorbés par l’instant
Dans la lumière généreuse du jour
Une sève d’Être coule en eux

Énergie universelle
Et voilà qu’ils se voient
Et voilà qu’ils se découvrent
Faits d’une même matière et d’un même vide
Et voilà qu’ils entrent en contact
S’étonnent et s’émerveillent

Ivan Sigg 25 III 08


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